Jonchery-sur-Vesle : le 110e anniversaire de la création de l'aviation de chasse célébré

C'est le samedi 1er mars 1915, que le commandant Charles de Tricornot de Rose a créé la première escadrille de chasse la MS 12, alors qu'il est chef du service aéronautique de la Ve armée du général Louis Franchet d'Esperey, convaincu que celui qui détiendrait la maîtrise du ciel disposerait d'un atout déterminant pour vaincre l'ennemi.
Le samedi 1er mars 2025, s'est déroulée une cérémonie en ce jour du 110e anniversaire de la création de l'aviation de chasse devant la stèle du square commandant de Rose de Jonchery-sur-Vesle, où plusieurs gerbes ont été déposées, au nom de l'aviation de chasse, du secteur 170 Marin-la-Meslée de l'association nationale des officiers de réserve de l'armée de l'air et de l'espace, de la maire de la commune, à deux pas du cimetière où le Commandant est inhumé. Un Rafale a survolé le square au moment où le lieutenant-colonel représentant le général commandant la brigade aérienne de chasse prenait la parole.
Cet officier visionnaire qui a toujours considéré que l'aviation devait devenir une arme à part entière, et l'histoire lui a donné raison, avait été marqué par la première victoire aérienne remportée par le sergent Joseph Frantz et le caporal Louis Quesnault, déjà dans la ciel de Jonchery en octobre 1914. Il pensait à juste titre que l'aviation n'était pas simplement qualifiée pour faire de la reconnaissance et donner des informations à l'artillerie pour ajuster ses tirs mais pour le combat dans le ciel. Il prédit en ces termes la suite, lui qui est issu de la cavalerie : "Quand nous serons considérés dans l'armée comme un corps d'élite, on se disputera l'honneur de servir dans nos rangs".
C'est au commandant Tricornot de Rose que le général Pétain fait appel en février 1916 à Verdun lui expliquant qu'il est aveugle. Le terrien comprend alors combien l'aviateur peut être précieux alors qu'ils sont encore nombreux dans les rangs à estimer que les avions ne peuvent jouer qu'un rôle accessoire. C'est encore Tricornot qui encourage le monoplace plutôt que le biplace. C'est lors d'une démonstration qu'il a accompli le 11 mai 1916 depuis le terrain de Villemontoire dans l'Aisne devant le général Grossetti que le Commandant est victime d'un accident qui lui est fatal. Il est cité à l'ordre de l'armée le 21 mai : "Officier de la plus haute valeur, tant comme chef que comme pilote etc." "Cet officier s'était fait une place spéciale dans l'aviation par sa haute valeur technique et le travail acharné qui lui avait permis d'organiser d'une façon remarquable le service aéronautique de la 5e armée. Pilote intrépide, chef d'une autorité incontestable, connaissant à fond toutes les questions de la spécialité, il employait toute son énergie tous ses efforts pour que son arme puisse donner le maximum", est-il encore mentionné. Ses obsèques ont lieu à Jonchery-sur-Vesle le 13 mai 1916. Un éloge des plus émouvants y est prononcé.
Après la cérémonie, une rencontre a eu lieu à la médiathèque autour de Jean Rousselot, arrière-petit-fils du commandant de Rose et auteur d'un roman intitulé "Cavalier du ciel". L'occasion de mieux cerner le personnage, sa droiture, sa détermination à désobéir lorsqu'il a considéré un ordre comme immoral et d'une violence inouïe au temps des inventaires après la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (On lui avait demandé de forcer la porte d'une église). Un moment très intéressant avec en plus la lecture de plusieurs courriers puissants du Commandant.
La section Marne de l'Association nationale des membres de l'ordre national du Mérite (ANMONM) était représentée par son président Hervé Chabaud, Gilles Vidal et Damien Rocha, membres du comité, Philippe Mascia.
